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Un Blog ou l'on peut s'exprimer:

le Blog du Gaulois en Colère

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Obligation de quitter la France: décret du 23 décembre 2006

loi du 24 juillet 2006 article L511-11 du CESEDA

Quelques Sites a visiter:

http://www.sosfrance.com/

En particulier:       http://www.sosfrance.com/

http://have-it.com/denonciation/pages/accueil.html

http://udcfriends.romandie.com/post/4115/32067

http://www.alcec.org/

http://projetscours.fsa.ulaval.ca/gie-64375/emigration/ss5.htm

http://www.indigenes-republique.org/spip.sphp?article422

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2006/02/19/2006_02_le_coran_et_les/

site ministère de l'intérieur: OCC PPIC

intérieur-mineurs.gouv.fr ( bientôt disponible )

LES PRINCIPAUX ARTICLES DE LOI SUR:

http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/article-6661994.html

Délits Stup: loi 92-1336 du 16 décembre 1992, art: 222-34 à 51 du code pénal

Délits sur l'émigration clandestine: art 21 de l'ordonnance du 02 novembre 1945

Atteinte aux biens ( dégradations,vol) loi du 29 août 2002 art 433-3 du code pénal

Atteinte aux personnes: art 9-17 du 29 août 2002

Esclavage moderne,proxénétisme,emprise des sectes: loi de mars 2003 art 32   225-5 et suivant

Harcèlement moral: loi 2003-06 du 03 janvier 2003 , art: 122-46 et du 22 juin 1992

Harcèlement sexuel: loi du 22 février 2007, art: 34

Viols :    art: 22-27  .  Autres délits sexuels, art: 222-28,30,32,33

http://www.asso-sst.net/loiHM.htm

Tavail dissimulé: employeurs et employés

 

 

Surveillance de la population et encouragement à la délation

Selon la ministre de la Justice, il n'y aurait pas assez de dénonciations permettant d'enclencher des poursuites contre les sectes. Pour pallier cette carence d'affaires, la ministre de la Justice a chargé les juges de travailler en collaboration plus étroite avec l'ADFI et le CCMM, supposés collecter des témoignages à charge. Les associations cultes sont donc officiellement mandatées pour enregistrer les plaintes et les dénonciations par le biais de leurs nombreuses antennes à travers la France. L'ADFI n'a pas attendu le feu vert officiel car il y a des années qu'elle diffuse une liste de critères précis permettant de savoir si une personne de notre entourage appartient à une association, un groupe, une société ou un club quelconque. La liste des symptômes définis par l'ADFI recouvre la plupart des comportements non conformistes et privés: "changement de mode vestimentaire et de régime alimentaire, courrier et appels téléphoniques abondants, sorties et voyages, intérêt pour une cause nouvelle, emprunt d'argent, long temps de lecture et de méditation"... Ces critères sont diffusés dans une brochure disponible dans les organismes publics. Il est donc conseillé de prévenir l'ADFI ou les Renseignements généraux si un de nos proches présente un de ces "symptômes" ou un trait de non-conformisme similaire. Lorsque le "diagnostic" est établi, l'ADFI recommande de surveiller discrètement les amis et les relations de la personne suspectée. Il faut noter leurs numéro de téléphone et adresse et tenir un journal quotidien de leurs faits et gestes. Les informations ainsi recueillies ont permis de dresser la liste des 172 sectes du rapport parlementaire, bien que des officiers des Renseignements généraux estiment qu'une vingtaine de groupes seraient potentiellement sectaires.

Quelque 150 associations auraient été listées sans aucun délit à charge! Le CCMM (Centre contre les manipulations mentales) a dressé le catalogue des pratiques pouvant tomber sous le coup d'un délit de secte. Il s'agit de la plupart des méthodes thérapeutiques non conventionnelles comme la naturopathie, le jeûne, la sophrologie, la méditation et les techniques issues du "nouvel âge". Le Dr Abgral, expert auprès de la mission interministérielle sur les sectes, y ajoute l'homéopathie, qui serait un gri-gri occulte sans aucune efficacité. L'ADFI a également identifié des domaines à risque comme les cours de yoga, la thérapie parentale, les conférences sur les ovnis et les sujets ésotériques... mais aussi des commerces sensibles comme les librairies spiritualistes, les restaurants végétariens et les circuits de produits biologiques. Comment s'assurer que les plaintes recueillies ne sont pas motivées par l'intolérance, les préjugés ou la malveillance? Cette question n'a pas été débattue. L'Omnium des libertés a mené une enquête auprès des parlementaires et des sénateurs pour connaître leur opinion sur ce qui ressemble à une campagne de délation et de surveillance sans précédent dans l'histoire de la France. A l'affirmation qu'un "long temps de lecture" serait un symptôme suspect, les élus ne voient pas d'objection et approuvent les critères retenus par l'ADFI. L'Omnium des libertés leur a donc clairement demandé s'il était légal de dénoncer un parent ou un voisin parce qu'il a "changé de régime alimentaire ou qu'il fait de la méditation"? Aucun sénateur ni député n'a manifesté de doute à ce sujet, et l'Omnium a reçu des réponses de l'Assemblée nationale affirmant que la délation était parfaitement justifiée.

L'histoire enseigne que les Français ont un sens civique plutôt prononcé lorsqu'il s'agit de dénonciation, mais il est désormais légal d'accuser quelqu'un d'appartenir à une secte pour le déclarer inapte à recevoir un héritage, jeter la suspicion sur un voisin antipathique ou un collègue dont on désire la place, ou se venger d'une déception amoureuse... Les cas sont désormais fréquents.

Les plaintes sont d'une bassesse inégalée, comme celle contre le Dr Dietrich, de Tours, spécialiste des troubles sexuels, qui, étant accusé d'être un "gourou pornocrate", a été poignardé par un inconnu à la suite d'une virulente campagne de diffamation orchestrée par un membre du CCMM.

C'est dans ce contexte que la ministre de la Justice a donné carte blanche aux associations cultes pour collecter les plaintes auprès de la population française.

La délation est de plus en plus courante, mais la justice peine à l'organiser

L'analyse de Laurence de Charette , Journaliste au service société du Figaro.

20 juin 2006, (Rubrique Opinions)

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La délation est de plus en plus courante, mais la justice peine à l'organiser.

 

C'est un alinéa un peu fanfaron, un paragraphe bien peigné comme un voeu de début d'année. Parmi les nombreuses propositions qu'ils viennent de rendre publiques, les parlementaires de la commission d'enquête créée à la suite de l'affaire d'Outreau ont glissé celle-ci : non à la délation. Les dénonciations anonymes, argumentent-ils, ne devraient plus suffire à justifier des poursuites judiciaires. Les députés ne sont pas les seuls. Nicolas Sarkozy, ministre victime d'un «corbeau» spectaculaire, s'est le premier insurgé contre cette «pratique d'un autre âge». «Il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes», a déclaré le président de l'UMP au cours de la convention consacrée à la justice, au début du mois de mai.

 

Le projet est donc directement inspiré de l'actualité politique immédiate. De la part du ministre de l'Intérieur, il ne va sans doute pas sans arrière-pensée, mais il ne s'agit pas pour autant d'un caprice de circonstance. L'affaire Clearstream illustre en effet une donne culturelle peu glorieuse : la délation anonyme est un usage répandu, voire très répandu, à travers l'Hexagone. Qu'elle soit condamnée par les intellectuels, qu'elle distille de fâcheux relents vichyssois n'y change rien. Dénoncer ou calomnier son prochain sans dévoiler son identité est un pli français. Un travers cultivé par les institutions, quand il n'est pas encouragé.

 

Le fisc, en particulier, utilise la délation sans modération. Officiellement, l'administration fiscale ne rémunère plus ses informateurs – depuis le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy –, mais sa porte reste grande ouverte aux corbeaux de tous acabits. En 1998, la Cour de cassation a donné son feu vert aux inspecteurs en reconnaissant à l'administration le droit de perquisitionner le domicile d'un contribuable sur la foi d'une dénonciation anonyme. Une grande part de l'activité des impôts reste alimentée par les courriers, non signés, d'«honnêtes citoyens».

 

Pourtant, paradoxalement, dans le privé, la dénonciation a toujours mauvaise presse. Le «whistleblowing» (donner l'alarme), que les multinationales ont tenté d'importer des États-Unis, ne prend pas. Alors même que la démarche n'est, dans ce cas, pas dénuée de moralité. Ce qui, dans les pays anglo-saxons, est vécu comme un devoir citoyen, est méprisé par les Français comme une manoeuvre nauséabonde. L'idée des Américains, en votant en 2002 la loi Sarbanes-Oxley, était d'éviter que ne se renouvellent de grands scandales financiers de l'ampleur de celui qui a touché la firme Enron. À cette fin, la loi favorise en interne le signalement des fraudes. Les Anglo-Saxons – qui n'ont pas à porter le douloureux souvenir de la période vichyssoise – ne reculent pas devant les mots «collaborateurs» et «dénonciateurs»...

 

En France, les firmes qui ont tenté, ces derniers mois, de mettre en place des «lignes d'alerte», prudemment baptisées «lignes éthiques», se sont heurtées à une opposition syndicale frontale : même «civique» ou «corporate», la dénonciation n'est pas acceptable en tant que système. Chez Ducros, filiale française du leader américain des épices McCormick, la «hotline» réservées aux confidences des salariés a été immédiatement baptisée «allô collabo»... Pour prospérer, la dénonciation à la française doit donc être à la fois anonyme et invisible.

 

En matière judiciaire, le Code pénal reflète à la fois les hésitations morales du législateur et les difficultés du terrain. Les magistrats, ou procureurs, n'en font pas mystère : les renseignements anonymes font partie du métier. «En matière de crime organisé, et de stupéfiants, notamment, les témoignages sont par nature anonymes, explique Claude Choquet, président de l'Association des magistrats instructeurs. C'est une réalité dont il faut bien tenir compte – et un instrument dont il ne faut pas se priver si l'on veut démanteler des réseaux...» Techniquement, le magistrat qui reçoit un renseignement téléphonique ou le policier qui recueille un témoignage anonyme peuvent rédiger un procès-verbal de constatation. Nombreux sont les dossiers où l'on peut lire ce type de mention : «d'un renseignement anonyme digne de foi, nous apprenons que...» En matière pénale, la preuve est libre. Au tribunal d'en apprécier la pertinence.

 

Le législateur a bien tenté, récemment, d'encadrer ces pratiques. Il a créé en 2000 le «témoin anonyme». Le dénonciateur est connu du magistrat mais il ne veut surtout pas que son nom apparaisse. Son identité n'est donc pas consignée dans le dossier, mais elle est quand même enregistrée, dans un autre circuit, par la justice. Le secret ne peut être levé qu'avec son accord. Le montage, intellectuellement séduisant, puisqu'il fait une petite place aux droits de la défense, n'a jusqu'à présent pas remporté beaucoup de succès. Les «témoins» n'ont pas confiance, expliquent les professionnels. Ils craignent pour leur sécurité. Après réflexion, le ministre de l'Intérieur propose aujourd'hui d'élargir ce dispositif.

 

Quelques années plus tard, la loi Perben II a fait une autre tentative. Elle a imaginé le statut des «repentis». Cette fois, il s'agit d'assurer une protection – y compris en leur offrant un autre nom – aux voyous repentis qui décideraient de collaborer, pour la bonne cause, avec la justice en dénonçant leurs anciens complices. L'idée est importée d'Italie. Mais elle n'a finalement pas vu le jour : la Chancellerie n'a jamais réussi à mettre en oeuvre ce système complexe et coûteux. Ces deux exemples montrent la réelle difficulté à trouver le bon équilibre entre l'efficacité et la morale. Mais aussi l'alliance qui lie les délateurs et leurs «clients», les enquêteurs : tous ont intérêt à ce que persiste une certaine opacité. Tant pis pour la morale.

 

La délation est de plus en plus courante, mais la justice peine à l'organiser.

 

C'est un alinéa un peu fanfaron, un paragraphe bien peigné comme un voeu de début d'année. Parmi les nombreuses propositions qu'ils viennent de rendre publiques, les parlementaires de la commission d'enquête créée à la suite de l'affaire d'Outreau ont glissé celle-ci : non à la délation. Les dénonciations anonymes, argumentent-ils, ne devraient plus suffire à justifier des poursuites judiciaires. Les députés ne sont pas les seuls. Nicolas Sarkozy, ministre victime d'un «corbeau» spectaculaire, s'est le premier insurgé contre cette «pratique d'un autre âge». «Il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes», a déclaré le président de l'UMP au cours de la convention consacrée à la justice, au début du mois de mai.

 

Le projet est donc directement inspiré de l'actualité politique immédiate. De la part du ministre de l'Intérieur, il ne va sans doute pas sans arrière-pensée, mais il ne s'agit pas pour autant d'un caprice de circonstance. L'affaire Clearstream illustre en effet une donne culturelle peu glorieuse : la délation anonyme est un usage répandu, voire très répandu, à travers l'Hexagone. Qu'elle soit condamnée par les intellectuels, qu'elle distille de fâcheux relents vichyssois n'y change rien. Dénoncer ou calomnier son prochain sans dévoiler son identité est un pli français. Un travers cultivé par les institutions, quand il n'est pas encouragé.

 

Le fisc, en particulier, utilise la délation sans modération. Officiellement, l'administration fiscale ne rémunère plus ses informateurs – depuis le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy –, mais sa porte reste grande ouverte aux corbeaux de tous acabits. En 1998, la Cour de cassation a donné son feu vert aux inspecteurs en reconnaissant à l'administration le droit de perquisitionner le domicile d'un contribuable sur la foi d'une dénonciation anonyme. Une grande part de l'activité des impôts reste alimentée par les courriers, non signés, d'«honnêtes citoyens».

 

Pourtant, paradoxalement, dans le privé, la dénonciation a toujours mauvaise presse. Le «whistleblowing» (donner l'alarme), que les multinationales ont tenté d'importer des États-Unis, ne prend pas. Alors même que la démarche n'est, dans ce cas, pas dénuée de moralité. Ce qui, dans les pays anglo-saxons, est vécu comme un devoir citoyen, est méprisé par les Français comme une manoeuvre nauséabonde. L'idée des Américains, en votant en 2002 la loi Sarbanes-Oxley, était d'éviter que ne se renouvellent de grands scandales financiers de l'ampleur de celui qui a touché la firme Enron. À cette fin, la loi favorise en interne le signalement des fraudes. Les Anglo-Saxons – qui n'ont pas à porter le douloureux souvenir de la période vichyssoise – ne reculent pas devant les mots «collaborateurs» et «dénonciateurs»...

 

En France, les firmes qui ont tenté, ces derniers mois, de mettre en place des «lignes d'alerte», prudemment baptisées «lignes éthiques», se sont heurtées à une opposition syndicale frontale : même «civique» ou «corporate», la dénonciation n'est pas acceptable en tant que système. Chez Ducros, filiale française du leader américain des épices McCormick, la «hotline» réservées aux confidences des salariés a été immédiatement baptisée «allô collabo»... Pour prospérer, la dénonciation à la française doit donc être à la fois anonyme et invisible.

 

En matière judiciaire, le Code pénal reflète à la fois les hésitations morales du législateur et les difficultés du terrain. Les magistrats, ou procureurs, n'en font pas mystère : les renseignements anonymes font partie du métier. «En matière de crime organisé, et de stupéfiants, notamment, les témoignages sont par nature anonymes, explique Claude Choquet, président de l'Association des magistrats instructeurs. C'est une réalité dont il faut bien tenir compte – et un instrument dont il ne faut pas se priver si l'on veut démanteler des réseaux...» Techniquement, le magistrat qui reçoit un renseignement téléphonique ou le policier qui recueille un témoignage anonyme peuvent rédiger un procès-verbal de constatation. Nombreux sont les dossiers où l'on peut lire ce type de mention : «d'un renseignement anonyme digne de foi, nous apprenons que...» En matière pénale, la preuve est libre. Au tribunal d'en apprécier la pertinence.

 

Le législateur a bien tenté, récemment, d'encadrer ces pratiques. Il a créé en 2000 le «témoin anonyme». Le dénonciateur est connu du magistrat mais il ne veut surtout pas que son nom apparaisse. Son identité n'est donc pas consignée dans le dossier, mais elle est quand même enregistrée, dans un autre circuit, par la justice. Le secret ne peut être levé qu'avec son accord. Le montage, intellectuellement séduisant, puisqu'il fait une petite place aux droits de la défense, n'a jusqu'à présent pas remporté beaucoup de succès. Les «témoins» n'ont pas confiance, expliquent les professionnels. Ils craignent pour leur sécurité. Après réflexion, le ministre de l'Intérieur propose aujourd'hui d'élargir ce dispositif.

 

Quelques années plus tard, la loi Perben II a fait une autre tentative. Elle a imaginé le statut des «repentis». Cette fois, il s'agit d'assurer une protection – y compris en leur offrant un autre nom – aux voyous repentis qui décideraient de collaborer, pour la bonne cause, avec la justice en dénonçant leurs anciens complices. L'idée est importée d'Italie. Mais elle n'a finalement pas vu le jour : la Chancellerie n'a jamais réussi à mettre en oeuvre ce système complexe et coûteux. Ces deux exemples montrent la réelle difficulté à trouver le bon équilibre entre l'efficacité et la morale. Mais aussi l'alliance qui lie les délateurs et leurs «clients», les enquêteurs : tous ont intérêt à ce que persiste une certaine opacité. Tant pis pour la morale.

 

La délation est de plus en plus courante, mais la justice peine à l'organiser.

 

C'est un alinéa un peu fanfaron, un paragraphe bien peigné comme un voeu de début d'année. Parmi les nombreuses propositions qu'ils viennent de rendre publiques, les parlementaires de la commission d'enquête créée à la suite de l'affaire d'Outreau ont glissé celle-ci : non à la délation. Les dénonciations anonymes, argumentent-ils, ne devraient plus suffire à justifier des poursuites judiciaires. Les députés ne sont pas les seuls. Nicolas Sarkozy, ministre victime d'un «corbeau» spectaculaire, s'est le premier insurgé contre cette «pratique d'un autre âge». «Il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes», a déclaré le président de l'UMP au cours de la convention consacrée à la justice, au début du mois de mai.

 

Le projet est donc directement inspiré de l'actualité politique immédiate. De la part du ministre de l'Intérieur, il ne va sans doute pas sans arrière-pensée, mais il ne s'agit pas pour autant d'un caprice de circonstance. L'affaire Clearstream illustre en effet une donne culturelle peu glorieuse : la délation anonyme est un usage répandu, voire très répandu, à travers l'Hexagone. Qu'elle soit condamnée par les intellectuels, qu'elle distille de fâcheux relents vichyssois n'y change rien. Dénoncer ou calomnier son prochain sans dévoiler son identité est un pli français. Un travers cultivé par les institutions, quand il n'est pas encouragé.

 

Le fisc, en particulier, utilise la délation sans modération. Officiellement, l'administration fiscale ne rémunère plus ses informateurs – depuis le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy –, mais sa porte reste grande ouverte aux corbeaux de tous acabits. En 1998, la Cour de cassation a donné son feu vert aux inspecteurs en reconnaissant à l'administration le droit de perquisitionner le domicile d'un contribuable sur la foi d'une dénonciation anonyme. Une grande part de l'activité des impôts reste alimentée par les courriers, non signés, d'«honnêtes citoyens».

 

Pourtant, paradoxalement, dans le privé, la dénonciation a toujours mauvaise presse. Le «whistleblowing» (donner l'alarme), que les multinationales ont tenté d'importer des États-Unis, ne prend pas. Alors même que la démarche n'est, dans ce cas, pas dénuée de moralité. Ce qui, dans les pays anglo-saxons, est vécu comme un devoir citoyen, est méprisé par les Français comme une manoeuvre nauséabonde. L'idée des Américains, en votant en 2002 la loi Sarbanes-Oxley, était d'éviter que ne se renouvellent de grands scandales financiers de l'ampleur de celui qui a touché la firme Enron. À cette fin, la loi favorise en interne le signalement des fraudes. Les Anglo-Saxons – qui n'ont pas à porter le douloureux souvenir de la période vichyssoise – ne reculent pas devant les mots «collaborateurs» et «dénonciateurs»...

 

En France, les firmes qui ont tenté, ces derniers mois, de mettre en place des «lignes d'alerte», prudemment baptisées «lignes éthiques», se sont heurtées à une opposition syndicale frontale : même «civique» ou «corporate», la dénonciation n'est pas acceptable en tant que système. Chez Ducros, filiale française du leader américain des épices McCormick, la «hotline» réservées aux confidences des salariés a été immédiatement baptisée «allô collabo»... Pour prospérer, la dénonciation à la française doit donc être à la fois anonyme et invisible.

 

En matière judiciaire, le Code pénal reflète à la fois les hésitations morales du législateur et les difficultés du terrain. Les magistrats, ou procureurs, n'en font pas mystère : les renseignements anonymes font partie du métier. «En matière de crime organisé, et de stupéfiants, notamment, les témoignages sont par nature anonymes, explique Claude Choquet, président de l'Association des magistrats instructeurs. C'est une réalité dont il faut bien tenir compte – et un instrument dont il ne faut pas se priver si l'on veut démanteler des réseaux...» Techniquement, le magistrat qui reçoit un renseignement téléphonique ou le policier qui recueille un témoignage anonyme peuvent rédiger un procès-verbal de constatation. Nombreux sont les dossiers où l'on peut lire ce type de mention : «d'un renseignement anonyme digne de foi, nous apprenons que...» En matière pénale, la preuve est libre. Au tribunal d'en apprécier la pertinence.

 

Le législateur a bien tenté, récemment, d'encadrer ces pratiques. Il a créé en 2000 le «témoin anonyme». Le dénonciateur est connu du magistrat mais il ne veut surtout pas que son nom apparaisse. Son identité n'est donc pas consignée dans le dossier, mais elle est quand même enregistrée, dans un autre circuit, par la justice. Le secret ne peut être levé qu'avec son accord. Le montage, intellectuellement séduisant, puisqu'il fait une petite place aux droits de la défense, n'a jusqu'à présent pas remporté beaucoup de succès. Les «témoins» n'ont pas confiance, expliquent les professionnels. Ils craignent pour leur sécurité. Après réflexion, le ministre de l'Intérieur propose aujourd'hui d'élargir ce dispositif.

 

Quelques années plus tard, la loi Perben II a fait une autre tentative. Elle a imaginé le statut des «repentis». Cette fois, il s'agit d'assurer une protection – y compris en leur offrant un autre nom – aux voyous repentis qui décideraient de collaborer, pour la bonne cause, avec la justice en dénonçant leurs anciens complices. L'idée est importée d'Italie. Mais elle n'a finalement pas vu le jour : la Chancellerie n'a jamais réussi à mettre en oeuvre ce système complexe et coûteux. Ces deux exemples montrent la réelle difficulté à trouver le bon équilibre entre l'efficacité et la morale. Mais aussi l'alliance qui lie les délateurs et leurs «clients», les enquêteurs : tous ont intérêt à ce que persiste une certaine opacité. Tant pis pour la morale.

 

La délation est de plus en plus courante, mais la justice peine à l'organiser.

 

C'est un alinéa un peu fanfaron, un paragraphe bien peigné comme un voeu de début d'année. Parmi les nombreuses propositions qu'ils viennent de rendre publiques, les parlementaires de la commission d'enquête créée à la suite de l'affaire d'Outreau ont glissé celle-ci : non à la délation. Les dénonciations anonymes, argumentent-ils, ne devraient plus suffire à justifier des poursuites judiciaires. Les députés ne sont pas les seuls. Nicolas Sarkozy, ministre victime d'un «corbeau» spectaculaire, s'est le premier insurgé contre cette «pratique d'un autre âge». «Il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes», a déclaré le président de l'UMP au cours de la convention consacrée à la justice, au début du mois de mai.

 

Le projet est donc directement inspiré de l'actualité politique immédiate. De la part du ministre de l'Intérieur, il ne va sans doute pas sans arrière-pensée, mais il ne s'agit pas pour autant d'un caprice de circonstance. L'affaire Clearstream illustre en effet une donne culturelle peu glorieuse : la délation anonyme est un usage répandu, voire très répandu, à travers l'Hexagone. Qu'elle soit condamnée par les intellectuels, qu'elle distille de fâcheux relents vichyssois n'y change rien. Dénoncer ou calomnier son prochain sans dévoiler son identité est un pli français. Un travers cultivé par les institutions, quand il n'est pas encouragé.

 

Le fisc, en particulier, utilise la délation sans modération. Officiellement, l'administration fiscale ne rémunère plus ses informateurs – depuis le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy –, mais sa porte reste grande ouverte aux corbeaux de tous acabits. En 1998, la Cour de cassation a donné son feu vert aux inspecteurs en reconnaissant à l'administration le droit de perquisitionner le domicile d'un contribuable sur la foi d'une dénonciation anonyme. Une grande part de l'activité des impôts reste alimentée par les courriers, non signés, d'«honnêtes citoyens».

 

Pourtant, paradoxalement, dans le privé, la dénonciation a toujours mauvaise presse. Le «whistleblowing» (donner l'alarme), que les multinationales ont tenté d'importer des États-Unis, ne prend pas. Alors même que la démarche n'est, dans ce cas, pas dénuée de moralité. Ce qui, dans les pays anglo-saxons, est vécu comme un devoir citoyen, est méprisé par les Français comme une manoeuvre nauséabonde. L'idée des Américains, en votant en 2002 la loi Sarbanes-Oxley, était d'éviter que ne se renouvellent de grands scandales financiers de l'ampleur de celui qui a touché la firme Enron. À cette fin, la loi favorise en interne le signalement des fraudes. Les Anglo-Saxons – qui n'ont pas à porter le douloureux souvenir de la période vichyssoise – ne reculent pas devant les mots «collaborateurs» et «dénonciateurs»...

 

En France, les firmes qui ont tenté, ces derniers mois, de mettre en place des «lignes d'alerte», prudemment baptisées «lignes éthiques», se sont heurtées à une opposition syndicale frontale : même «civique» ou «corporate», la dénonciation n'est pas acceptable en tant que système. Chez Ducros, filiale française du leader américain des épices McCormick, la «hotline» réservées aux confidences des salariés a été immédiatement baptisée «allô collabo»... Pour prospérer, la dénonciation à la française doit donc être à la fois anonyme et invisible.

 

En matière judiciaire, le Code pénal reflète à la fois les hésitations morales du législateur et les difficultés du terrain. Les magistrats, ou procureurs, n'en font pas mystère : les renseignements anonymes font partie du métier. «En matière de crime organisé, et de stupéfiants, notamment, les témoignages sont par nature anonymes, explique Claude Choquet, président de l'Association des magistrats instructeurs. C'est une réalité dont il faut bien tenir compte – et un instrument dont il ne faut pas se priver si l'on veut démanteler des réseaux...» Techniquement, le magistrat qui reçoit un renseignement téléphonique ou le policier qui recueille un témoignage anonyme peuvent rédiger un procès-verbal de constatation. Nombreux sont les dossiers où l'on peut lire ce type de mention : «d'un renseignement anonyme digne de foi, nous apprenons que...» En matière pénale, la preuve est libre. Au tribunal d'en apprécier la pertinence.

 

Le législateur a bien tenté, récemment, d'encadrer ces pratiques. Il a créé en 2000 le «témoin anonyme». Le dénonciateur est connu du magistrat mais il ne veut surtout pas que son nom apparaisse. Son identité n'est donc pas consignée dans le dossier, mais elle est quand même enregistrée, dans un autre circuit, par la justice. Le secret ne peut être levé qu'avec son accord. Le montage, intellectuellement séduisant, puisqu'il fait une petite place aux droits de la défense, n'a jusqu'à présent pas remporté beaucoup de succès. Les «témoins» n'ont pas confiance, expliquent les professionnels. Ils craignent pour leur sécurité. Après réflexion, le ministre de l'Intérieur propose aujourd'hui d'élargir ce dispositif.

 

Quelques années plus tard, la loi Perben II a fait une autre tentative. Elle a imaginé le statut des «repentis». Cette fois, il s'agit d'assurer une protection – y compris en leur offrant un autre nom – aux voyous repentis qui décideraient de collaborer, pour la bonne cause, avec la justice en dénonçant leurs anciens complices. L'idée est importée d'Italie. Mais elle n'a finalement pas vu le jour : la Chancellerie n'a jamais réussi à mettre en oeuvre ce système complexe et coûteux. Ces deux exemples montrent la réelle difficulté à trouver le bon équilibre entre l'efficacité et la morale. Mais aussi l'alliance qui lie les délateurs et leurs «clients», les enquêteurs : tous ont intérêt à ce que persiste une certaine opacité. Tant pis pour la morale.

 

C'est un alinéa un peu fanfaron, un paragraphe bien peigné comme un voeu de début d'année. Parmi les nombreuses propositions qu'ils viennent de rendre publiques, les parlementaires de la commission d'enquête créée à la suite de l'affaire d'Outreau ont glissé celle-ci : non à la délation. Les dénonciations anonymes, argumentent-ils, ne devraient plus suffire à justifier des poursuites judiciaires. Les députés ne sont pas les seuls. Nicolas Sarkozy, ministre victime d'un «corbeau» spectaculaire, s'est le premier insurgé contre cette «pratique d'un autre âge». «Il ne faut plus prêter attention aux dénonciations anonymes», a déclaré le président de l'UMP au cours de la convention consacrée à la justice, au début du mois de mai.

 

Le projet est donc directement inspiré de l'actualité politique immédiate. De la part du ministre de l'Intérieur, il ne va sans doute pas sans arrière-pensée, mais il ne s'agit pas pour autant d'un caprice de circonstance. L'affaire Clearstream illustre en effet une donne culturelle peu glorieuse : la délation anonyme est un usage répandu, voire très répandu, à travers l'Hexagone. Qu'elle soit condamnée par les intellectuels, qu'elle distille de fâcheux relents vichyssois n'y change rien. Dénoncer ou calomnier son prochain sans dévoiler son identité est un pli français. Un travers cultivé par les institutions, quand il n'est pas encouragé.

 

Le fisc, en particulier, utilise la délation sans modération. Officiellement, l'administration fiscale ne rémunère plus ses informateurs – depuis le passage de Nicolas Sarkozy à Bercy –, mais sa porte reste grande ouverte aux corbeaux de tous acabits. En 1998, la Cour de cassation a donné son feu vert aux inspecteurs en reconnaissant à l'administration le droit de perquisitionner le domicile d'un contribuable sur la foi d'une dénonciation anonyme. Une grande part de l'activité des impôts reste alimentée par les courriers, non signés, d'«honnêtes citoyens».

 

Pourtant, paradoxalement, dans le privé, la dénonciation a toujours mauvaise presse. Le «whistleblowing» (donner l'alarme), que les multinationales ont tenté d'importer des États-Unis, ne prend pas. Alors même que la démarche n'est, dans ce cas, pas dénuée de moralité. Ce qui, dans les pays anglo-saxons, est vécu comme un devoir citoyen, est méprisé par les Français comme une manoeuvre nauséabonde. L'idée des Américains, en votant en 2002 la loi Sarbanes-Oxley, était d'éviter que ne se renouvellent de grands scandales financiers de l'ampleur de celui qui a touché la firme Enron. À cette fin, la loi favorise en interne le signalement des fraudes. Les Anglo-Saxons – qui n'ont pas à porter le douloureux souvenir de la période vichyssoise – ne reculent pas devant les mots «collaborateurs» et «dénonciateurs»...

 

En France, les firmes qui ont tenté, ces derniers mois, de mettre en place des «lignes d'alerte», prudemment baptisées «lignes éthiques», se sont heurtées à une opposition syndicale frontale : même «civique» ou «corporate», la dénonciation n'est pas acceptable en tant que système. Chez Ducros, filiale française du leader américain des épices McCormick, la «hotline» réservées aux confidences des salariés a été immédiatement baptisée «allô collabo»... Pour prospérer, la dénonciation à la française doit donc être à la fois anonyme et invisible.

 

En matière judiciaire, le Code pénal reflète à la fois les hésitations morales du législateur et les difficultés du terrain. Les magistrats, ou procureurs, n'en font pas mystère : les renseignements anonymes font partie du métier. «En matière de crime organisé, et de stupéfiants, notamment, les témoignages sont par nature anonymes, explique Claude Choquet, président de l'Association des magistrats instructeurs. C'est une réalité dont il faut bien tenir compte – et un instrument dont il ne faut pas se priver si l'on veut démanteler des réseaux...» Techniquement, le magistrat qui reçoit un renseignement téléphonique ou le policier qui recueille un témoignage anonyme peuvent rédiger un procès-verbal de constatation. Nombreux sont les dossiers où l'on peut lire ce type de mention : «d'un renseignement anonyme digne de foi, nous apprenons que...» En matière pénale, la preuve est libre. Au tribunal d'en apprécier la pertinence.

 

Le législateur a bien tenté, récemment, d'encadrer ces pratiques. Il a créé en 2000 le «témoin anonyme». Le dénonciateur est connu du magistrat mais il ne veut surtout pas que son nom apparaisse. Son identité n'est donc pas consignée dans le dossier, mais elle est quand même enregistrée, dans un autre circuit, par la justice. Le secret ne peut être levé qu'avec son accord. Le montage, intellectuellement séduisant, puisqu'il fait une petite place aux droits de la défense, n'a jusqu'à présent pas remporté beaucoup de succès. Les «témoins» n'ont pas confiance, expliquent les professionnels. Ils craignent pour leur sécurité. Après réflexion, le ministre de l'Intérieur propose aujourd'hui d'élargir ce dispositif.

 

Quelques années plus tard, la loi Perben II a fait une autre tentative. Elle a imaginé le statut des «repentis». Cette fois, il s'agit d'assurer une protection – y compris en leur offrant un autre nom – aux voyous repentis qui décideraient de collaborer, pour la bonne cause, avec la justice en dénonçant leurs anciens complices. L'idée est importée d'Italie. Mais elle n'a finalement pas vu le jour : la Chancellerie n'a jamais réussi à mettre en oeuvre ce système complexe et coûteux. Ces deux exemples montrent la réelle difficulté à trouver le bon équilibre entre l'efficacité et la morale. Mais aussi l'alliance qui lie les délateurs et leurs «clients», les enquêteurs : tous ont intérêt à ce que persiste une certaine opacité. Tant pis pour la morale.

 



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Article ajouté le 2007-04-29 , consulté 201 fois

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